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À découvrir: Les minimaisons

À découvrir: Les minimaisons
© Living4media
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Si on en voit depuis un bon moment en Europe et en Asie, les minimaisons sont apparues plus récemment au Québec, inspirées par les premières tiny houses, nées en 2009 dans la foulée de la crise des subprimes américaines. Ce type d'habitation suscite la curiosité et séduit de jeunes (et moins jeunes!) propriétaires à la recherche d’une maison facile à entretenir, moins chère et de préférence nichée dans la nature.

 

© Maison Laprise

 

DESIGN INTELLIGENT POUR PETIT ESPACE

 

Bien qu’il n’y ait pas de normes en la matière, les experts s’entendent pour parler de microhabitation pour une habitation de moins de 500 pi2, et de minimaison pour une résidence offrant jusqu’à 900 pi2 de surface habitable. Dans une superficie réduite, tout le défi est de produire une impression d’espace. Avec de hauts plafonds et une fenestration généreuse, par exemple.

«Comme nous vivons dans une société prospère, sous des latitudes où il existe quatre saisons, nos possessions s’accumulent, fait remarquer Sylvie Raymond, coordonnatrice aux communications pour Maison Laprise. Créer une petite maison où bien vivre sans avoir un sentiment d’oppression représente un véritable défi. Il faut privilégier l’espace de vie principal et les aires de vie extérieures, puis favoriser la connexion entre l’intérieur et l’extérieur ainsi que la luminosité.»

Pour Dany Bonneville, coprésident des Industries Bonneville, il ne faut pas se mentir: «Ça reste petit et c’est un marché de niche! Cela demande une conception ingénieuse où chaque pied carré est bien exploité.»

 

© Cabane

 

UN PHÉNOMÈNE QUI PREND DE L'AMPLEUR

 

Il ne fait pas de doute que les minimaisons ont un bel avenir, selon Dany Bonneville: «Les maisons de 700, 800 et 900 pi2 sont de plus en plus demandées. Des jeunes qui rêvent d’un petit logis pour jouer dehors, des baby-boomers qui souhaitent réduire la superficie de leur résidence pour se libérer de l’entretien... En fait, les gens recherchent une maison juste assez grande pour y passer de bons moments, et la tendance à vouloir aller dans plus petit devrait durer longtemps.»

René Giguère, directeur ventes et marketing chez Pro-Fab, considère que ce phénomène fait partie d’un fort courant de downsizing et que la hausse des prix en immobilier accentue la demande. «Une hypothèque réduite, des taxes et des coûts de chauffage moindres, moins d’entretien. Cela répond aux besoins des gens vivant seuls, mais aussi à un désir de mieux profiter de la vie, de voyager et d’atteindre une certaine liberté financière.»

Autre avantage d’une habitation compacte: une empreinte écologique moins importante, notamment en raison d’une installation plus simple.

 

MINI, MINI, MINI

 

Le nom tiny house serait attribuable à Jay Shafer, fondateur de Tumbleweed, première entreprise américaine spécialisée dans la construction de micromaisons.

 

© Bureaux.CO.ZA

 

STYLE DE VIE

 

Si les usages des minihabitations peuvent être très diversifiés, au Québec, ce type de construction se développe surtout dans un contexte de villégiature, selon René Giguère: «Elles peuvent servir de résidence secondaire, de chalet, ou encore de pied- à-terre pour un couple qui passe une certaine partie de l’année en Floride.

Comme l’habitation s’avère plus facile à installer, cela se prête bien à un aménagement à la campagne.» Les clients cibles? Une majorité de baby-boomers. «On remarque que les personnes qui achètent pour la troisième ou quatrième fois désirent réduire le nombre de pieds carrés et vivre sur un seul niveau», dit Sylvie Raymond.

 

© ilo Mini-maison

 

MINI + USINÉE = MATCH PARFAIT

 

Les entreprises spécialisées en maisons usinées embrassent elles aussi le mouvement. Pro-Fab a lancé il y a trois ans Eldorado, un minichalet de style loft de 486 pi² ou 675 pi². Le fabricant propose également Källa, une maison unimodulaire de 809 pi² inspirée du design scandinave. Chez Maison Laprise, la minimaison Air avec toit-terrasse et une ou deux chambres remporte un vif succès. L’entreprise développe actuellement de nouveaux modèles.

Industries Bonneville n'est pas en reste avec sa dizaine de modèles. Enfin, Confort Design se spécialise dans les microhabitations: elle offre quatorze modèles dont les superficies varient de 384 à 736 pi².

 

© Cabane

 

PETITE MAISON RECHERCHE MUNICIPALITÉ

 

Malgré l’engouement des propriétaires de toutes générations, les fabricants de maisons usinées font le même constat: les municipalités ne semblent pas encore prêtes à accueillir les minimaisons. Particulièrement en milieu urbain. «Il reste à convaincre les municipalités d’adhérer à ces projets, confirme Dany Bonneville.

Les promoteurs se butent souvent à de vieux règlements exigeant une certaine largeur en façade et ne permettant pas la construction de maisons de moins de 750 pi2. Cela dit, l’intérêt croissant des propriétaires fait pression pour changer les choses.»

 

 

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